Jugement mercredi d’une filière irakienne d’acheminement illégal d’êtres humains

Le tribunal correctionnel de Bruxelles.
Le tribunal correctionnel de Bruxelles. - E.G.

Dix-huit personnes sont prévenues pour trafic d’êtres humains, organisation criminelle, faux, usage de faux, blanchiment, menaces, mais aussi, dans le chef de certaines, pour prise d’otage et séquestration d’un mineur.

Le procureur fédéral a requis des peines de 18 mois à 15 ans de prison à l’encontre des prévenus et une peine de 20 ans de prison à l’encontre de celui qui est suspecté d’être le cerveau de cette filière, Kasem Z. Outre le fait d’avoir mis en place un véritable réseau de trafic d’êtres humains, en faisant appel à des faussaires basés en Grèce, à des passeurs et à des intermédiaires en Irak, en Turquie, en Finlande et en Belgique, cet homme est poursuivi pour la prise d’otage d’un mineur, en juillet 2018.

Selon l’enquête, Kasem Z. a fait enlever et séquestrer un garçon de 10 ans qu’il était censé acheminer illégalement de l’Irak vers la Finlande où l’attendait son père. La stratégie était de réclamer une rançon de plus de 15.000 euros au papa et de tenter de s’enrichir un peu plus encore au préjudice de ce migrant irakien. Le jeune garçon a été emmené en Belgique avec de faux papiers d’identité, par le prévenu Thaer A.A., lequel s’est fait passer pour son père. Ce dernier a gardé l’enfant chez lui en Belgique durant neuf jours, du 5 au 13 juillet.

Le procureur a requis une peine de 15 ans de prison à l’encontre de Thaer A.A. Il a par ailleurs requis des peines de 10 ans de prison à l’encontre de deux prévenus qui font défaut et une peine de 9 ans de prison à l’encontre du prévenu Mohammed A., suspecté d’être l’un des passeurs, qui a fait de nombreux allers et retours entre l’Irak et la Belgique. Selon l’enquête, il s’est aussi chargé de récolter l’argent auprès des migrants et de commander les faux documents d’identité.

1.211.000 euros

Le magistrat a aussi requis des peines de 6 ans de prison à l’encontre de Mohammed A.K. et de Nihad A.D., tous deux suspectés d’être des passeurs. Le premier, arrivé en Belgique avec de faux papiers d’identité suédois, avait entre autres loué un minibus pour se rendre en Autriche. Il y avait parcouru plus de 52.000 kilomètres, parfois jusqu’à 2.000 kilomètres en une seule journée, afin de prendre en charge un maximum de migrants et de leur faire passer les frontières contre rémunération. Le procureur le suspecte également d’avoir pris des décisions à un plus haut niveau, notamment pour la commande de faux papiers et pour l’investissement de l’argent sale dans l’immobilier.

Le second est lui aussi suspecté d’avoir effectué de nombreux trajets en minibus avec des migrants à son bord, notamment en Autriche et en Italie. Le procureur estime qu’il a non seulement été un passeur dans cette organisation criminelle dirigée par Kasem Z., mais aussi un intermédiaire pour l’obtention de fausses cartes d’identité et pour le transport de l’argent liquide.

Dix-huit personnes sont prévenues dans ce dossier, pour avoir participé en tant que membre ou en tant que dirigeant à une organisation criminelle active dans le trafic d’êtres humains de l’Irak vers la Belgique, la Finlande, l’Allemagne et le Grand-Duché de Luxembourg, entre 2014 et 2019. Il est question d’au moins 1.200 migrants victimes. Les prévenus ont empoché un montant total estimé à 1.211.000 euros et ont tenté de blanchir cet argent illicite en investissant dans l’immobilier, selon le parquet fédéral.

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