De Wever propose à De Croo de débarquer les écologistes du gouvernement

De Wever propose à De Croo de débarquer les écologistes du gouvernement
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« Tinne Van der Straeten négocie pour échouer », a affirmé Bart De Wever dimanche sur le plateau de VTM, à propos de ces pourparlers menés depuis le début du printemps par la ministre Groen et le Premier ministre Alexander De Croo avec Engie, l’énergéticien français qui exploite les centrales via Electrabel. Il sous-entend ainsi que la ministre favorise un échec afin que, en l’absence d’accord, l’ensemble des centrales nucléaires ferment en 2025.

De son côté, la CEO d’Engie, Catherine MacGregor, a écrit à M. De Croo pour demander que l’État belge partage le risque lié au démantèlement des cinq réacteurs les plus anciens après 2025 et devienne coopérateur des réacteurs prolongés de dix années.

« Je voudrais que l’on monte dans cette participation et faire en sorte que les centrales reviennent entre nos mains, a déclaré le président des nationalistes flamands. Mais il faut alors prolonger les centrales nucléaires sur une période réaliste (20 ans selon lui, NDLR) et il faut négocier pour réussir. »

Le parti d’opposition réclame que la ministre Groen soit dessaisie du dossier au profit du seul Alexander De Croo. Bart De Wever considère que les écologistes sont « obsédés » par les centrales au gaz « polluantes et coûteuses ». Il accuse Mme Van der Straeten de sous-estimer les besoins énergétiques et de trop compter sur des importations de France « qui ne viendront pas ». La moitié des réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt pour entretien ou à cause de problème de corrosion. Pour le bourgmestre d’Anvers, Alexander De Croo ferait même bien de débarquer les écologistes du gouvernement. « Nous sommes prêts à fournir une majorité de rechange ».

Interrogé sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanches » (RTL-TVi), le député Ecolo Samuel Cogolati a réfuté toute volonté des Verts de vouloir faire échouer la négociation. « Nous voulons faire aboutir cette négociation », a-t-il assuré. L’élu rappelle l’accord signé à la mi-mars par tous les partis de la Vivaldi et la nécessité de garantir l’approvisionnement énergétique. « Mais il n’est pas question aujourd’hui de donner un chèque en blanc à Engie-Electrabel et de faire payer la facture des déchets radioactifs au contribuable belge ».

Également présente en plateau, l’ancienne ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem (MR) n’a pas caché son inquiétude sur la réussite de la négociation, au vu de la fuite du courrier d’Engie dans la presse. Mais elle s’est dite heureuse du propos de M. Cogolati. Si le MR exige lui aussi le respect du principe du pollueur-payeur pour Engie, Mme Marghem n’écarte pas pour autant une formule de prise de participation de l’État qui serait réduite à la prolongation des deux réacteurs, et qui « n’empêcherait ni l’État d’imposer fiscalement la société, ni de bénéficier des surprofits engrangés dans cette période de prix élevés ».

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