Des milliers de personnes ont manifesté contre les mesures sanitaires à Bruxelles

Bruxelles attendait des milliers de personnes manifestant contre les mesures sanitaires ce dimanche. Des dizaines de milliers voire 100.000 participants, selon les organisateurs ! La participation pourrait être importante car des manifestants des pays voisins sont également présents dans la capitale. De leur côté, les organisateurs disent espérer une manifestation pacifique.

Vers 11h, les premiers manifestants sont arrivés à la gare du Nord. Les forces de l’ordre étaient déjà présentes en grand nombre. Tous ceux qui ont quitté la gare du Nord ont été fouillés. Selon la police de Bruxelles-Ixelles, il y a eu six arrestations administratives pour possession d’objets prohibés et/ou dangereux avant le départ de la manifestation.

Selon le programme établi, le cortège, qui s’est élancé en fin de matinée, doit se rendre au cœur du quartier européen, dans le parc du Cinquantenaire, où des discours sont prévus dès 14h30. Les organisateurs espèrent voir défiler des centaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale européenne ; la baisse de gravité de la maladie avec le variant Omicron pouvant en effet motiver plus de personnes que précédemment à demander la levée des restrictions sanitaires.

Belga

La foule s’est élancée via la petite ceinture et la rue Belliard vers le parc du Cinquantenaire, où la tête du cortège est arrivée vers 13h.

Des drapeaux allemands, français, néerlandais, américains, polonais ou roumains flottent dans la foule qui déambule dans les rues de Bruxelles, a observé Belga sur place. De nombreux manifestants portent des panneaux avec des inscriptions critiquant le pouvoir en place, la vaccination, le Covid Safe Ticket ou appelant à « protéger les enfants ».

La plupart des participants ne portent pas de masque, tandis que nombreux sont ceux qui cachent leur visage pour ne pas être reconnus. Les pétards résonnent bruyamment dans les rues, créant une atmosphère quelque peu tendue.

Selon les forces de l’ordre, près de 50.000 personnes composent le cortège.

D.H.

D.H.

Des premiers débordements vers 14h

Selon nos premières informations, peu après 14h, la police a commencé à tirer massivement du gaz lacrymogène afin de disperser la foule et repousser les émeutiers à la Rue de la Loi. Il s’agit déjà de la cinquième manifestation contre les mesures anti-coronavirus en l’espace de deux mois ; les quatre précédentes avaient été entachées de troubles et de heurts.

Peu après 14h30 les casques blancs sont intervenus dans le parc du cinquantenaire pour disperser les manifestants à l’aide de plusieurs autopompes. Selon nos informations, les émeutiers qui cherchaient l’affrontement au niveau de l’un des barrages au rond-point Schuman ont été repoussés dans le parc à coup d’arroseuses et de gaz lacrymogène. Un drone survole les lieux en diffusant un message, dans les trois langues, indiquant que la manifestation était terminée.

Vers 15h, les casques blancs ont reculé. La musique se fait toujours entendre depuis le podium des organisateurs situé au parc du cinquantenaire. Toutes les vitres de la Park Side Brasserie sont endommagées. C’est à cause de la casse que la police est intervenue.

Deux hélicoptères et des drones survolent la zone. Les casques blancs tirent des gaz lacrymogènes et entrent en action pour repousser les derniers émeutiers récalcitrants.

La police est équipée de quatre arroseuses et de deux blindés antibarricade.

Quelques bâtiments et des véhicules ont été endommagés par les jets de projectiles.

Des échauffourées ont commencé près de la place Schuman. A l’aide de deux canons à eau, la police presse les émeutiers vers le parc du Cinquantenaire. De l’autre côté du parc, des discours sont en cours sous les arcades.

Des émeutiers en sont venus à mettre le feu à des ordures dans l’Avenue des Nerviens. Une des arroseuses de la police a rapidement éteint le feu. Le fameux camion-barrière, nouvelle arme de la police pour faire face aux émeutiers, a également été sollicité.

Au niveau de la station de métro de Mérode, des émeutiers s’en sont violemment pris à des policiers en leur jetant des projectiles, dont des barrières nadar. Les forces de l’ordre n’ont eu d’autre choix que de se réfugier dans la station de métro.

Vers 15h15, les responsables de la manifestation, depuis le podium, ont appelé à évacuer le parc. Ce n’est que sous la pression de la police que la foule a finalement bougé, un quart d’heure plus tard. A 16h15, la majorité du public avait quitté les lieux et la police s’est déplacée vers les arcades.

Il s’agit de la cinquième manifestation de ce type en deux mois à Bruxelles. C’est aussi la cinquième fois que des émeutes éclatent.

Une manifestation internationale

« Nous ne sommes pas contre les mesures Corona en tant que telles », a plus tôt déclaré Tom Meert, président d’Europeans United, l’un des organisateurs de la manifestation. « Nous sommes particulièrement opposés à la manière antidémocratique dont elles sont mises en œuvre ». Il insiste sur le fait qu’il s’agira d’une manifestation pacifique. « Le débat ouvert est le meilleur vaccin contre une société malade de la polarisation », dit-il.

Europeans United organise la manifestation avec quelques branches (nationales) de World Wide Demonstration et plus de 600 associations locales de toute l’Europe. Ils descendent dans la rue pour « la liberté, la démocratie, les droits de l’homme et le respect de la constitution ». « Nous ne sommes pas des coronasceptiques », déclare M. Meert. « Et toutes les idéologies sont les bienvenues. Nous ne voulons pas de retraite politique. »

« Nous voulons soulever la question du fait qu’un groupe important et croissant de personnes ne se sent plus entendu dans le débat social. Afin de remédier à la polarisation entre les partisans et les opposants aux mesures, nous voulons lancer le débat public afin que les gens puissent mieux comprendre les autres points de vue. » M. Meert préconise d’impliquer davantage le Parlement dans le débat. Il pense également que le groupe d’experts GEMS a reçu trop de pouvoir tout au long de la crise, même si « ces personnes ne sont pas le problème en tant que tel ».

M. Meert affirme que sa frustration quant au fait que les gens ne se parlent plus remonte à avant la crise de Corona. « En fait, nous ne voulons pas du tout manifester », dit-il. « Nous sommes de bons pères et mères de famille qui n’ont rien à faire dans la rue. Et nous ne demandons pas que nos points de vue soient adoptés, juste que nous puissions en parler. »

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