Coronavirus: l’opposition s’inquiète d’une loi pandémie wallonne

Coronavirus: l’opposition s’inquiète d’une loi pandémie wallonne
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Un énoncé technique qui, selon l’opposition PTB et cdH, cache pourtant des modifications « interpellantes ». Le texte prévoit en effet la possibilité, pour les inspecteurs de l’hygiène de l’Agence pour une vie de qualité (AViQ), d’imposer un traitement médical préventif ou curatif en cas de maladie infectieuse, ainsi qu’une délégation de pouvoirs au gouvernement en cas de situation d’urgence épidémique, a notamment pointé le parti d’extrême gauche.

Des pouvoirs trop grands ?

« Quand on lit ce décret, la première impression est qu’il s’agit surtout de modifications techniques, y compris la correction de fautes de langage », a détaillé le chef de groupe du PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango. « Mais le diable se cache dans les détails. Entre toutes ces corrections techniques, on trouve quelques articles qui, dans les faits, sont ni plus ni moins qu’une loi pandémie version wallonne », a-t-il ajouté.

Ainsi, selon lui, l’article 18 « donne aux inspecteurs d’hygiène de l’AVIQ le pouvoir d’imposer un traitement médical curatif ou préventif aux personnes atteintes d’une maladie infectieuse ou au minimum suspectées d’être contagieuses. L’article 19 donne au gouvernement tous les pouvoirs de décider des mesures en cas de situation d’urgence épidémique. Et le texte prévoit également que le gouvernement pourra adopter toute autre mesure nécessaire pour gérer l’épidémie. »

« Un chèque en blanc »

Pour le PTB, ce projet de décret va même plus loin que la loi pandémie fédérale en permettant d’imposer un traitement médical, sans aucune liste des mesures qui peuvent être prises par l’exécutif.

« La loi pandémie était déjà un chèque en blanc donné au gouvernement fédéral. Avec ce décret, on donne carrément les clés de la banque au gouvernement wallon sans aucune annonce, sans aucun débat », a poursuivi Germain Mugemangango.

Même son de cloche au cdH

Une inquiétude partagée par le cdH. « Avec ce texte, on donne la clé pour ouvrir une porte sans savoir quel gouvernement nous attend dans 10 ou 15 ans », a ainsi estimé la députée humaniste Mathilde Vandorpe. « C’est une nouvelle gifle de l’exécutif au législatif qui est en train de se faire hara-kiri en votant ce genre de texte », a-t-elle ajouté.

« On n’empêche pas le parlement de travailler. On veut juste permettre au gouvernement d’agir largement », leur a répondu la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale, en rappelant par ailleurs que les importantes compétences attribuées aux inspecteurs de l’hygiène de l’Aviq ne dataient pas d’aujourd’hui.

Des précisions à apporter

Ce texte vise à apporter certaines précisions et à rectifier des imperfections posant des difficultés d’application. Il ne s’agit nullement de remettre en cause les principes et axes du décret d’origine, qui restent pleinement d’application, a encore assuré la ministre.

Au terme de longues discussions et de nombreux amendements, le projet de décret a finalement été approuvé. Il reviendra prochainement sur la table du parlement réuni en séance plénière.

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