Princesse Léa: «J’aime aider les gens et les écouter»

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« Je déteste les dimanches pour deux raisons : je trouve que c’est un jour un peu triste où nous avons trop le temps de penser… et aussi parce qu’Alexandre est mort un dimanche. Heureusement, j’ai souvent la chance d’avoir des amis, de la famille… »

Maman de deux enfants, elle a épousé le Prince en 1991. Après avoir habité avec lui à Rhode-Saint-Genèse, elle vit aujourd’hui à Humain en province du Luxembourg. Elle est la dernière princesse à être devenue princesse de Belgique par mariage : « C’est un magnifique cadeau que le prince Alexandre m’a fait. Cela me permet d’aider les autres. J’aime aller au-devant de ceux que l’on ne voit pas souvent ou que l’on n’entend pas. » Pour rappel, les princesses Mathilde et Claire ont été nommées princesses de Belgique par arrêté royal le jour de leur mariage.

Que faites-vous actuellement ?

« Je prépare la Saint-Nicolas pour des enfants sinistrés par les inondations. Je suis allée à Rochefort et Limbourg. Ce dernier village était très impacté. Nous avons décidé d’organiser une grande Saint-Nicolas pour tous les enfants sinistrés le 5 décembre et ce sera à Limbourg, place Léon d’Andrimont. Nous collectons des cadeaux et nous en achetons avec les dons que nous recevons. Par ailleurs, des enfants de Flandre et d’autres régions font une collecte pour les enfants sinistrés de Wallonie. Plusieurs maisons d’édition nous ont aussi envoyé des livres. »

Vous êtes très attentifs aux jeunes ?

« La violence des jeunes m’inquiète. Je reste très à l’écoute des problèmes de société qui les concernent comme la problématique actuelle avec la série Netflix Squid Game par exemple. Ces séries-là sont extrêmement toxiques. Aujourd’hui, souvent, les jeunes n’ont plus de cadre. Les parents lâchent prise. »

Comment va la famille royale ?

« Je rencontre les membres aux différentes manifestations (mariages, enterrements.) ou repas privés. »

La princesse Élisabeth vous demande des conseils ?

« Je crois qu’elle est suffisamment bien encadrée par sa famille. »

Vous n’aviez pas prévu de devenir Princesse ?

« C’est le destin. On a plus de distance pour voir et ressentir les choses. Aujourd’hui, je continue à faire vivre mon mari en parlant. C’est mon devoir d’épouse. »

Qu’est-ce que vous voudriez que la population retienne du prince Alexandre ?

« Je voudrais qu’il/elle regrette de ne pas l’avoir connu. »

Un musée prince Alexandre à Durbuy?

Au-delà de son histoire d’amour pour le Prince, la princesse Léa entend entretenir sa mémoire jour après jour. Elle se souvient de leur première rencontre en 1986 à la Côte belge : « Il m’a demandé si j’avais envie d’aller au cinéma et nous n’y sommes jamais allés. Mais nous avons dîné ensemble tous les jours. C’était un gastronome et un œnologue extraordinaire. D’ailleurs, on remet aussi le prix des étoiles de M. Wynants. » (il a créé les étoiles de la cuisine pour promouvoir les jeunes)

Elle revient sur une anecdote : « Par contre, il n’aimait pas cuisiner lui-même. Quand mon petit-fils Charles-Albert est né, il m’a accompagné et il m’a dit : ce bébé sent le cake aux pommes. C’était très mignon. »

Pour ses 65 ans, Alexandre a reçu un album photos racontant sa vie de la part de son épouse. Pour marquer le premier anniversaire de son décès en 2010, elle a organisé une exposition à Waterloo et édité un livret « Une année sans toi ». « J’ouvre encore des caisses aujourd’hui. Quand on a vidé Argenteuil, je voulais faire un tri de tous les documents avec l’aide d’historiens. Je veux partager les souvenirs. Avec la princesse Marie Gabrielle de Savoie (fille du roi Humbert II d’Italie et de la reine née Marie-José de Belgique), qui gère la fondation de Savoie, on s’échange des objets quand on en retrouve. On fait du troc. Elle m’a donné des objets du roi Albert 1er (photos, vêtements, livres…). »

Pour elle, le moment est venu d’ancrer cette mémoire : « Pour l’exposition itinérante consacrée à Alexandre, je cherche un lieu. Cela pourrait être Bruxelles ou Durbuy. J’aime cette dernière destination parce qu’il y a des Flamands et des Wallons. « Je dois sensibiliser Marc Coucke à cette question. Je lui en ai déjà parlé. Je cherche 200 m2 pour installer l’exposition. Cela permettra à toute la famille royale de rayonner. »

A propos de son mari: «Le prince Alexandre aimait Argenteuil»

Fils du roi Léopold III, qui s’est remarié en 1941 avec Lilian Baels après le décès de son épouse, la reine Astrid en 1935, le prince Alexandre a suivi les cours de la division polytechnique de l’École Royale Militaire et réussit ses trois premières candidatures de médecine à l’UCL.

« À Laeken, petit, le Prince avait cours dans une petite classe de 5 élèves. Et j’ai récemment rencontré l’un d’eux. Plus grand, il a côtoyé les grands scientifiques comme De Duve et Prigogine à Argenteuil où il y avait un balai de scientifiques. »

En juin 2002, Alexandre perd sa maman et doit quitter Argenteuil en 2004.

« J’estime beaucoup le nouveau propriétaire d’Argenteuil. Pour mon mari, cela a été un déchirement de quitter ce lieu qu’il avait connu pendant autant d’années. »

En 2003, le prince Alexandre, les princesses Marie-Christine et Marie-Esméralda ont vendu de nombreux biens de leurs parents aux enchères.

Il publiera même un album-photos montrant la vie à Argenteuil de 1960 à 2002 : « Alexandre est le seul qui a résidé longtemps à Argenteuil. Mes deux belles-soeurs résidaient déjà à l’étranger. »

On l’oublie mais avec sa demi-sœur la grande-duchesse Joséphine Charlotte de Luxembourg et ses demi-frères les rois Baudouin et Albert II, le prince Alexandre a vécu pendant dix ans avec ses parents au château de Laeken jusqu’en 1960.

«Le Fonds soutient des causes moins connues»

Le Fonds d’Entraide Prince et Princesse Alexandre a été créé en 2006. Depuis, il a permis de dégager des moyens au profit de nombreuses causes comme la recherche contre la leucémie, les enfants hospitalisés, l’anorexie, la toxicomanie, les sans-abri… Cette année, l’aide prendra la direction de l’hôpital Princesse Paola de Marche pour soutenir le travail du Dr Alexandrescu : « Le pied diabétique concerne beaucoup de gens. C’est une maladie silencieuse. »

La princesse veille à ce que les activités se trouvent sur l’ensemble de la Belgique : « Le lien nord-sud est indispensable. Pour moi, il est important que les Belges rencontrent des Belges. » En hommage à son époux, la princesse Léa a créé le prix littéraire Alexandre de Belgique qui récompense deux auteurs belges, un francophone et un néerlandophone. « Le livre et la science : deux éléments qui correspondaient à mon mari. Il ne dormait pas et lisait tout le temps. De Proust à De Duve… des livres sur la physique quantique. Les gens qui sont insomniaques, comme lui, supportent en plus très mal que les autres dorment. La science l’a toujours passionné parce que son père lui a transmis son intérêt. » Petit, il devrait résoudre des pages entières de mathématique. « Il ne pouvait pas manger s’il n’avait pas fini son devoir. Une vraie contrainte pour lui qui était un gourmet. J’ai conservé des exercices de mathématiques annotés par le roi Léopold III. Il s’occupait de son fils avec beaucoup d’attention. »

Le 6eme prix littéraire sera sur le thème de la cuisine et la gastronomie. « Dans nos livres, nous donnons un coup de projecteur vers des personnes moins médiatisées. Je travaille aussi sur un livre d’artisans. Ils font un travail remarquable. »

Enfin, elle voudrait aussi « faire une soirée pour les gens du cirque et Alexandre Bouglione, quelqu’un de très généreux. J’ai déjà participé à un numéro dans le cirque de Bouglione. J’ai déjà disparu dans une caisse mais je ne dévoilerai pas le truc. J’ai aussi aimé faire le clown. C’est ce qui m’a plu le plus. »

À noter qu’elle soutient aussi notamment l’opération « La Fondation Chocolat et Sucre d’Art de Jean-Marie Dessard » qui offre des chocolats aux enfants qui vivent dans les institutions telles que les orphelinats, les unités de pédiatrie et d’oncologie des hôpitaux…

Ses passions: «J’adore la batterie»

Nous passons devant un piano et la princesse Léa me fait cette confidence : « J’adore la batterie. On a essayé de me faire apprendre du piano et j’ai préféré jouer de la batterie vers 18 et 19 ans. J’ai même offert une batterie à mon petit-fils, le plus petit des trois, pour ses 7 ans. Je lui ai trouvé un professeur de batterie quand il vient à la maison. Pour ne pas déranger ses parents, la batterie reste chez moi », dit-elle en souriant.

Toujours en musique, elle avoue un faible pour les Rolling Stones.

« Je les ai rencontrés à l’hôtel Conrad et ils m’ont invité à Wechter. C’était un cadeau magnifique. »

Elle est toujours disponible pour ses petits-enfants.

« Je permets toutes les bêtises comme toutes les grands-mères. C’est à cela qu’on sert. Il faut qu’ils aient des souvenirs. J’ai adoré mes grands-parents. Après, évidemment, on a tous besoin d’un cadre quand même. Je suis enfant unique, je n’ai rêvé que d’une chose, c’est d’avoir des grandes tablées dans un grand jardin avec des cousins et une famille. »

Ses petits-enfants se prénomment Louise, Alexandre et Charles-Albert. « Mon gendre, d’origine liégeoise, a un humour extraordinaire. Je me souviens très bien de la manière dont il a demandé la main de ma fille. J’en garde un bon souvenir. Après sa demande, j’ai demandé une boîte de kleenex et une vodka. » dit-elle sourire aux lèvres.

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