Anderlecht: une milice populaire a fait la chasse aux vendeurs à la sauvette

La police est intervenue pour une bagarre il y a trois semaines.
La police est intervenue pour une bagarre il y a trois semaines. - D.R.

La braderie se compose d’une centaine d’exposants, parmi lesquels de nombreuses personnes sans-papiers qui s’adonnent au trafic de contrebande et de drogues. Les rixes entre occupants sont monnaie courante.

Après une nouvelle rencontre avec le bourgmestre le vendredi 15 octobre, des riverains excédés ont organisé ce week-end une présence permanente sur le lieu de la braderie pour empêcher les vendeurs de s’installer. Ils ont fait remarquer dans la DH que certains sont armés. En cas de problème, ils avaient prévu d’appeler des riverains en renfort. Une centaine de personnes s’étaient portées volontaires pour être mobilisables.

Méthode déconseillée

« Je déconseille vivement cette méthode, car ils se mettent en porte-à-faux, voire en danger », argue Fabrice Cumps. « Je comprends leur exaspération. Il n’y a pas du tout de minimisation de la problématique. J’en discute avec le chef de corps de la zone de police très régulièrement. La seule manière efficace d’empêcher cette braderie sauvage, c’est d’occuper le terrain en permanence avec la police, ce qui est très consommateur en énergie et en hommes, surtout que le marché des Abattoirs est maintenant ouvert toute la semaine… Comme cela devient difficile pour la police de quartier de gérer cela seule, le chef de corps travaille à construire une intervention plus structurée avec des renforts d’autres départements de la zone, voire du fédéral ».

Il souligne qu’il y a des arrestations régulières et que les marchandises de recel sont fréquemment confisquées. Ce week-end, 8 personnes ont encore été arrêtées et ont reçu un ordre de quitter le territoire. « Il y a un phénomène « historique » de vente à la sauvette aux abords du marché des Abattoirs », continue Fabrice Cumps. « Avec le confinement, on a vu ressortir plus agressivement ce phénomène. Depuis environ un an et demi, cette économie parallèle a pris de l’ampleur. Avant, il y avait un tas de petits métiers qui permettaient à cette population de survivre. Avec le confinement, des pratiques plus cachées auparavant se sont déplacées dans l’espace public. C’est le cas pour le trafic de drogues, qui avait cours aussi dans des cafés et qui a pris en visibilité dans l’espace public ».

Une question sur ce sujet sera posée au prochain conseil communal de ce jeudi par le chef de groupe de l’opposition MR Gaëtan Van Goidsenhoven.

Le bourgmestre prévoit de rencontrer une nouvelle fois les riverains quand la police aura coordonné sa réponse.

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