Inondations: à partir du 2 août, on aura besoin de vous pour nettoyer les berges!

Inondations: à partir du 2 août, on aura besoin de vous pour nettoyer les berges!

Il s’agira ensuite de nettoyer les bords des rivières, jonchés de déchets plus légers. Ce travail sera effectué par des bénévoles, via l’ASBL Be WaPP. Cette ASBL s’appuie déjà sur 25.000 « ambassadeurs de la propreté » pour les traditionnels nettoyages de printemps.

On compte désormais sur eux pour ramasser les plus petits détritus qui traînent encore au bord des rivières. « Le faire maintenant est encore trop dangereux car les cours d’eau charrient encore de gros objets », nous dit Olivier Denis, responsable projet et innovation chez Be WaPP. « Par contre, à partir du 2 août, ce sera sans doute jouable et nous aurons besoin de monde. Mais afin d’éviter d’avoir trop de monde au même endroit, on va interroger les communes sur leurs besoins spécifiques. Cela nous permettra d’identifier les points noirs. Une fois que les besoins seront définis, on contactera par mail nos 25.000 ambassadeurs inscrits dans la base de données. Et on lancera aussi un appel, via les radios notamment, pour de la main-d’œuvre supplémentaire ».

Ce travail est entièrement bénévole et se déroulera tout le mois d’août. « Seuls les adultes sont autorisés à travailler », précise Olivier Denis. « Et ils devront rester sur les berges, pas question de les envoyer à l’eau, même à bord de barques. Le matériel (gants, chasubles fluo et sacs-poubelles) sera fourni par les communes ».

Le travail s’annonce colossal : plus de 40 communes ont été touchées par les inondations et des kilomètres de berges souillées… Les contrats rivières seront aussi associés. Le nettoyage se limitera au domaine public.

Après les inondations, la pollution menace

L’eau a charrié sur les berges et dans les jardins, débris, hydrocarbures et peut-être aussi produits toxiques.
L’eau a charrié sur les berges et dans les jardins, débris, hydrocarbures et peut-être aussi produits toxiques. - PhotoNews

Tous les sinistrés et aussi les bénévoles en ont témoigné : il régnait, au lendemain des inondations, une odeur âcre de mazout et la boue était parfois visqueuse. Des citernes de mazout de chauffage ont été emportées par les flots, éventrées et se sont vidées dans la nature. Les réservoirs des voitures ont aussi fuité. « Heureusement, le débit des rivières est assez important et, avec la pluie, tout cela a eu pour effet de diluer la pollution et de la disperser », nous dit Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie.

« Vu les volumes d’eau en jeu, une bonne partie des pollutions potentielles auront été lessivées et diluées si bien qu’elles ne présenteront plus de concentrations préjudiciables », confirme Caroline Charlier, porte-parole de la Spaque, la société publique d’aide à la qualité de l’environnement. « Mais localement, des assainissements seront nécessaires lorsque les épanchements de mazout auront été localisés sur des surfaces plus réduites ou lorsque le volume des cuves concernées sera plus conséquent. À ce stade, il est très difficile de dire combien de temps prendront ces assainissements ».

Là où la rivière est largement sortie de son lit, il est fort probable que des hydrocarbures se soient arrêtés sur les terres. Le mazout est un hydrocarbure assez fluide qui pénètre rapidement dans le sol. La pollution peut s’étendre sur plusieurs mètres de profondeur.

Mais il n’y a pas que le mazout. « Il ne faut pas négliger, dans le cas de catastrophes telles que celles qui nous concernent ici, les pollutions d’origine industrielle liées à des stocks de réactifs et de produits divers qui auront pu être emportés », estime la Spaque.

« La diversité des produits concernés est grande et une communication spécifique auprès des entreprises pourrait s’avérer utile, pour évaluer la nature et l’importance du risque de pollution en la matière ».

Potager, œufs...

Ce mardi, la ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier, fera des recommandations aux riverains. Cela semble couler de source mais, par exemple, elle pourrait mettre en garde par rapport à la consommation de légumes provenant de potagers submergés ou d’œufs pondus par des poules vivant dans les zones souillées.

L’autre pollution qui inquiète est celle venant des égouts. La station d’épuration de Wegnez, qui épure les eaux de Verviers et d’autres communes voisines, est complètement détruite.

« Elle est hors-service pour 6 mois à 1 an », nous apprend Jean-Luc Lejeune, directeur technique de la SPGE, Société Publique de Gestion de l’Eau. « La station d’épuration de Rochefort a souffert aussi, mais là, on peut prévoir une reprise partielle dans les jours qui viennent ».

Une centaine de stations de pompage sont également impactées et ne peuvent plus pomper les eaux usées vers les stations d’épuration.

Françoise De Halleux

Notre sélection vidéo
Aussi en Belgique