Roberto Martinez: «La Croatie, c’est un test d’envergure!»

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Roberto Martinez: «La Croatie, c’est un test d’envergure!»

Finaliste du Mondial même si elle ne pointe qu’à la 14e place au ranking de la Fifa, la Croatie constituera un test d’envergure pour les Diables rouges à six jours de leur entrée en lice dans cet Euro 2020. S’il a tenu à garder son habituelle faculté à temporiser face aux faiblesses qu’il n’a pu manquer de constater de visu face à la Grèce jeudi soir, Roberto Martinez a entamé son laïus en donnant des nouvelles de Kevin De Bruyne.

« Après un examen approfondi de ses radios, il a été décidé que Kevin avait besoin d’une petite intervention, qui a été effectuée ce samedi », a expliqué le sélectionneur. « Tout s’est bien passé, Kevin va bien. En toute logique, il rejoindra le noyau lundi comme prévu et sera fit pour l’Euro. »

Même si cette annonce a de quoi faire frémir, elle constitue plutôt, aux dires du sélectionneur, une bonne nouvelle pour le joueur de Manchester City puisque cette intervention, qui aura duré une vingtaine de minutes au total, avait pour but premier de renforcer la structure de l’orbite dans une optique à long terme. « Elle devrait en théorie lui permettre de ne finalement pas devoir porter de masque, ce qui est une excellente chose. »

Également interrogé au sujet de l’état de forme physique et mental d’Eden Hazard (« qui a pu prendre part aux entraînements le plus normalement du monde et qui reste fidèle à lui-même : il veut jouer mais montera plus certainement en cours de match qu’il ne débutera  »), Roberto Martinez a rappelé opportunément qu’il n’était pas utile de faire toute sa conférence au sujet de joueurs blessés ou absents. « On a encore 28 autres joueurs qui sont en forme et qui veulent montrer qu’ils sont focalisés sur l’Euro. Le match contre la Grèce a été utile et riche en enseignements. Ici, face à une équipe qui a atteint la finale du dernier Mondial et qui possède l’un des milieux les plus denses du plateau de l’Euro avec des garçons comme Modric, Brozovic, Kovacic ou Vlasic, le test sera d’envergure pour poursuivre notre montée en puissance. La sélection que j’effectuerai se basera sur pas mal de facteurs : le match de ce dimanche en est un, bien sûr, mais il ne sera pas décisif pour autant. Je verrai aussi l’état de forme à l’entraînement, les profils. »

Confronté à l’épineuse question de sa défense vieillissante et à vrai dire pas totalement rassurante – doux euphémisme – face à la Grèce, l’Espagnol a botté en touche comme il sait si bien le faire, s’étonnant presque du fait qu’on puisse s’en inquiéter. « C’est un sujet qui ne m’empêche pas le moins du monde de bien dormir », a-t-il expliqué. «  C’est la ligne la plus expérimentée qu’on a dans l’équipe. Ce sont des coaches, ils pensent comme des coaches et c’est une joie de les avoir à l’entraînement, de les voir communiquer et transmettre leur savoir aux jeunes joueurs. Pour moi, ce n’est pas un problème. Si nous pouvions avoir autant d’expérience dans tous les secteurs de jeu, je ne pense pas que cette équipe aurait besoin d’un entraîneur. On a pas mal de joueurs qui ont dépassé ou sont proches des 100 caps. On devrait en profiter davantage plutôt que de pointer leurs manquements… »

Toby Alderweireld évacue les doutes: «On a confiance en nous»

Toby Alderweireld évacue les doutes: «On a confiance en nous»

Toby or not Toby ? That’s not even more a question ! Du haut de ses 108 caps en 119 sélections, Toby Alderweireld fait partie du top 3 des Diables rouges les plus utilisés de l’histoire, à 18 longueurs de Jan Vertonghen mais seulement deux d’Axel Witsel, qui ne jouera pas ce dimanche face à la Croatie.

Toby, parlons tout d’abord de vous : comment évaluez-vous votre état de forme actuel ?

Je pense que j’ai bien fini la saison avec Tottenham puis j’ai pu profiter d’un peu de repos. Après, j’ai eu mon vaccin et cela m’a un peu inquiété sur les conséquences que cela allait pouvoir avoir au niveau physique. Je ne savais pas si j’allais me sentir mal, mais on est maintenant près d’une semaine plus tard et je me sens de mieux en mieux.

On a beaucoup parlé du manque d’explosivité, de l’âge, de l’état de forme de certains cadres de la défense. Partagez-vous les inquiétudes du monde extérieur au sujet de la ligne arrière des Diables rouges ?

Non, pas du tout. On a confiance en nous-mêmes. Je comprends que les gens se posent des questions, que chaque détail soit scruté à la loupe mais il ne faut pas oublier que nous avons l’expérience pour savoir qu’il n’est pas utile que notre pic de forme se produise maintenant. On est à une semaine du début de l’Euro et on doit se servir de ces deux matches de préparation pour affiner les automatismes, pour corriger certains détails, aussi. Les gens ne voient pas toujours comment nous travaillons dur aux entraînements. Il ne faut pas oublier que tous les joueurs arrivent de clubs et de championnats différents et doivent rapidement recréer l’osmose qui nous permettra de performer à l’Euro.

L’expérience des grands rendez-vous serait donc votre meilleur atout ?

Bien sûr. On a déjà prouvé qu’on avait une défense fantastique, avec des joueurs qui ont du métier à revendre. Chez nous, les éléments de la ligne offensive reçoivent tout le crédit et c’est logique vu leurs qualités, mais le ballon doit arriver jusque chez eux pour qu’ils puissent se mettre en évidence de la même manière que nous avons besoin d’eux pour bien prester.

Vous parlez de détails à travailler : quels sont-ils ?

Notre circulation de balle n’a pas été idéale, par exemple. Deuxièmement, on a encaissé sur une phase arrêtée et on doit aussi travailler notre reconversion défensive, entre autres. En tant qu’équipe, on doit être meilleurs en possession mais aussi en perte de balle.

Estimez-vous que la défense est meilleure qu’il y a trois ans, au Mondial ?

Naturellement, c’est une question qui revient de manière récurrente, notamment parce qu’on a perdu un joueur comme Kompany. Malgré le respect énorme qu’on doit avoir pour sa carrière, la réalité est qu’on a joué davantage de matchs sans lui qu’avec lui. L’expérience qu’on a accumulée en tant qu’équipe nous permet d’apprendre qu’il y a des moments où il ne faut pas paniquer quand cela devient difficile, mais aussi rester concentrés quand tout va bien.

Vincent Joséphy

Drazen Brncic: «Je crains notre changement de génération»

Drazen ne voit pas la Croatie briller à l’Euro.
Drazen ne voit pas la Croatie briller à l’Euro. - News

Le ton est donné ! Drazen Brncic ne manie pas la langue de bois. Celui dont le CV ferait pâlir de nombreux joueurs belges ne pense pas que les Croates sont en mesure de rééditer leur exploit d’il y a trois ans, eux qui s’étaient hissés jusqu’à la finale de la dernière Coupe du monde.

« La pilule est passée, mais les regrets resteront éternels. Nous étions meilleurs que la France. Aux points, nous aurions gagné. Mais les Bleus ont réussi à profiter de nos erreurs afin de ramener la Coupe à la maison. »

Exit les Ivan Rakitic ou encore Mario Mandzukic : leader de l’équipe, Luka Modric figure parmi les quelques rescapés de ce parcours tout de même historique.

« Je crains ce changement de génération », reprend le coach du RFC Liège (N1). « Les jeunes ont reçu pas mal de temps de jeu ces derniers mois. Mais il semble que l’entente ne soit pas cordiale au sein du noyau. Ainsi, certains nouveaux manquent de respect aux plus âgés. Et sans unité, on n’avance pas…

De plus, la Croatie a donc perdu de nombreux éléments expérimentés qui avaient une importance colossale en termes de leadership et de fighting spirit. Quant à la ligne défensive, elle était vieillissante et a été remaniée par le sélectionneur. Et ces derniers temps, elle a encaissé pas mal de buts. Pour couronner le tout, nous connaissons des problèmes à la finition ».

La Croatie s’est toutefois qualifiée pour l’Euro. « Une mission accomplie dans la douleur », juge le Belgo-Croate. « Quant à notre poule lors des Championnats d’Europe, nous n’en sommes pas favoris mais plutôt outsiders. L’Angleterre, la Tchéquie et l’Écosse, c’est du solide ! Vu la situation, et comme nous sommes nettement moins forts que d’autres sur le papier, c’est le moment pour des jeunes de prendre la lumière. Mislav Orcic (Dinamo Zagreb) a par exemple les qualités pour briller. »

Avant de penser à l’Euro, place tout d’abord à la préparation. Avec notamment le match de ce dimanche soir. « La Belgique possède un meilleur noyau et un meilleur équilibre entre les différents postes sur le terrain. C’est clairement un favori de l’Euro. J’espère d’ailleurs que Kevin De Bruyne tiendra le coup et qu’Eden Hazard montera en puissance au fil du tournoi. Il sera important de bien récupérer entre les matches en ce qui le concerne.

Ce choc dominical pourrait permettre à Roberto Martinez de trouver un plan B en cas de pépins. En tant que coach, je peux vous le certifier : lorsqu’on donne du temps de jeu à des jeunes, on a souvent une idée derrière la tête. Quant à la Croatie, c’est une préparation idéale pour elle. Après avoir croisé le fer mardi avec l’Arménie, elle monte en puissance avec un adversaire d’un calibre encore supérieur.

En espérant que ces deux nations arrivent au top de leur forme pour leur entrée en lice à l’Euro. Et ce, dans quelques jours à présent ».

Yannick Goebbels

Foot amateur et chez les jeunes

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