Arnaud Spriesterbach déclaré coupable du meurtre de son père à Braine-l’Alleud

Arnaud Spriesterbach a porté 10 à 20 coups avec un maillet d’environ 1,2 kg sur la tête de son père en avril 2019.
Arnaud Spriesterbach a porté 10 à 20 coups avec un maillet d’environ 1,2 kg sur la tête de son père en avril 2019. - BELGA

La cour d’assises du Brabant wallon a rendu son verdict sur la culpabilité d’Arnaud Spriesterbach. L’accusé, né en 1999, est déclaré coupable du meurtre de son père, commis en avril 2019 à Braine-l’Alleud. Il était en aveu depuis le début du dossier mais ses avocats avaient demandé mercredi aux jurés de répondre « non » à la question principale sur la culpabilité. Ils avaient mis en avant que leur client avait agi sous la force d’une contrainte irrésistible. Après trois heures de délibération, la cour d’assises a décidé de ne pas suivre cette thèse. Les plaidoiries et le réquisitoire sur la peine sont prévus ce jeudi après-midi.

L’arrêt rendu sur la culpabilité écarte la contrainte irrésistible en précisant que l’accusé était bien conscient des conséquences mortelles de son acte, qui étaient connues et voulues par lui. La cour précise qu’il ne peut pas être affirmé qu’il n’y avait pas d’autres solutions que cet homicide pour résoudre les difficultés que rencontrait l’accusé, et que les capacités de réflexion de celui-ci n’avaient pas disparu au moment de commettre l’irréparable. C’est par ailleurs de sa propre volonté que quelques heures auparavant, il a consommé de l’alcool et pris des stupéfiants.

Quant à l’intention homicide, elle ne fait aucun doute. L’arrêt précise, outre les aveux de l’accusé réitérés lors des débats, qu’Arnaud Spriesterbach a porté 10 à 20 coups avec un maillet d’environ 1,2 kg sur la tête de son père, avec une telle force que le crâne de la victime a été défoncé. La décision relève aussi qu’avant les faits, l’accusé a déclaré avoir pensé : « Ce soir, tu meurs », en pensant à son père. Ce qui prouve sa détermination à commettre les faits.

Lorsqu’il est entré dans la chambre de la victime, l’accusé a directement porté les coups de maillet alors que son père était dans son lit, somnolant et n’ayant pas la possibilité de se défendre.

La deuxième question posée aux jurés portait sur la circonstance aggravante de parricide, qui ne posait pas de difficulté puisque le lien de filiation entre Arnaud et Philippe Spriesterbach est établi par l’acte de naissance de l’accusé, et que cet élément n’a jamais été contesté.

Le ministère public requiert 12 ans de prison à son encontre

Après avoir déclaré Arnaud Spriesterbach coupable du meurtre de son père, jeudi en fin de matinée, la cour d’assises du Brabant wallon a entendu le réquisitoire du ministère public et la plaidoirie de la défense sur la peine à infliger à l’accusé, en début d’après-midi. L’avocate générale Stéphanie Bonté a demandé une peine de 12 ans de réclusion, tandis que la défense a suggéré une peine n’excédant pas cinq ans de prison, afin qu’un sursis probatoire puisse assortir la partie de la peine qui dépasse la détention préventive de deux ans déjà prestée par Arnaud Spriesterbach.

L’accusation a convenu que, dans cette affaire, une juste peine était difficile à déterminer. Philippe Spriesterbach, la victime et père de l’accusé, s’est en effet longtemps montré violent, psychologiquement et physiquement, avec son fils et l’accusé affirme avoir également subi des abus sexuels lorsqu’il était âgé de neuf ans.

«Les experts ont dit que l’accusé devait être mis face à ses responsabilités. Cela veut aussi dire qu’il doit accepter qu’il y ait une réelle sanction, une peine d’emprisonnement ferme», a requis l’avocate générale. «Effectivement, il a un avenir et doit l’entendre, parce que je crois qu’il en doute. Mais il y a un temps pour tout. La peine que l’on prononce ne peut pas avoir un caractère dérisoire. Pour avoir tué son père, on ne peut pas s’en tirer avec une peine qu’on inflige en correctionnelle pour des vols ou de petits trafics de stupéfiants.»

L’avocate générale a toutefois suggéré que le jeune âge de l’accusé (qui avait 19 ans au moment des faits), son casier judiciaire vierge et l’enfance difficile d’Arnaud Spriesterbach soient retenus comme circonstances atténuantes, pour que la peine n’excède pas les 12 ans de réclusion, alors que le maximum pour un parricide est la réclusion à perpétuité. Cette faveur permettra aussi à l’accusé de mener un travail de prise de conscience sur l’extrême gravité des faits commis, a-t-elle ajouté.

Pour la défense, ce travail est déjà fait et envoyer à nouveau l’accusé en prison n’a pas d’intérêt. «Le meilleur moyen de lutter contre la récidive, c’est la libération conditionnelle», a indiqué l’avocat de la défense. Celui-ci a dès lors demandé à la cour d’assises de ne pas infliger une peine de prison de plus de cinq ans, afin qu’un sursis probatoire puisse être octroyé à Arnaud Spriesterbach.

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