La nécessaire balance entre les bénéfices et les risques

Editorial
20210115 - HOLLANGE Laura - Liège - Portrait Gaspard Grosjean
20210115 - HOLLANGE Laura - Liège - Portrait Gaspard Grosjean

Cité ardente sous haute tension. La question des terrasses a pris une ampleur démesurée depuis les annonces du CODECO les autorisant à partir du 8 mai, alors qu’un consensus global liégeois (gouverneur, bourgmestres et le secteur horeca) plaidait pour le premier. L’argument phare des autorités étant la bonne gestion de l’ordre public : fasse à un secteur sous pression, déterminé et organisé, il serait extrêmement compliqué de faire intervenir la police. Faute d’effectifs suffisants tout d’abord – comment contrôler toutes ces terrasses tout en assurant le reste des missions de sécurité –, mais aussi au nom de l’ordre public. Ce serait de la mauvaise foi que de nier qu’il y a un risque certain que les choses dégénèrent en cas d’intervention policière.

Malgré l’autorisation du 8 mai donc, Willy Demeyer a maintenu sa ligne. Mais il faut être précis sur les termes. Le maïeur principautaire n’a pas appelé à rouvrir les terrasses. Ni à ce que la police ne verbalise pas. Il a dit qu’il n’obligerait pas les policiers à évacuer les clients et qu’il ne ferait pas fermer les terrasses de force. Ce n’est donc pas la même chose.

Surtout, le débat qui s’en suit a pris une tournure démesurée avec une bonne dose de mauvaise foi. « Un bourgmestre doit respecter et faire respecter la loi. Point barre. » Bien sûr. Nous supposons donc que ces mêmes personnes approuvent l’intervention policière musclée et les débordements que cela a engendré au Bois de la Cambre à Bruxelles ? C’est vrai, au final : les rassemblements sont interdits, donc on envoie les chars. Le résultat final, on le connaît : des débordements, des blessés, de l’indignation. Autrement dit, un cycle de violence et de mise en danger de chacun. Mais comme on a fait respecter la loi à la lettre, on s’en fout, non ?

Allez, un peu de sérieux et d’honnêteté intellectuelle. Il faut aussi accepter que l’on puisse, au cas par cas, faire la balance entre les bénéfices et les risques. De prendre, en concertation, du recul pour adopter, la meilleure décision dans le sens du bien collectif et de la sécurité de tous.

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